III)Comment interprète-t-on les odeurs ?

 

 

III) Comment interprète-t-on les odeurs ?

 

 

                        L'odorat fait parti de nos sens primitifs, mais il est trop souvent dominé par la vue et le goût. Il n’y pas de bonnes ou de mauvaises odeurs, cependant, elles peuvent être ou non appréciées. Ces appréciations sont purement culturelles, qui évoluent selon chaque personne.

 

                 1- Le système olfactif et sa particularité

 

 

L’odorat est un sens vital chez de nombreuses espèces animales. Elle joue un rôle très important, pour la mère et la reconnaissance de ces petits, de ces congénères, et de ces prédateurs. L’odorat sert à marquer son territoire, et à trouver la nourriture.

L’Homme n’utilise pas à la même échelle que l’animal les signaux olfactifs. L’humain les utilise principalement sur la relation entre la mère et son enfant. Durant le premier an de l’enfant, alors qu’il a sa vision limitée, des études montrent qu’il arrive à reconnaître l’odeur de sa mère : Darwin est le premier scientifique à avoir soupçonné, en 1877, le rôle de l'odeur du sein dans les interactions entre la mère et son bébé. Il rapporte qu'à l'âge de 32 jours son enfant orientait son visage vers le sein maternel à une distance de 10 à 30 cm. Selon lui, ce fait pouvait s'expliquer par les capacités du bébé à détecter les odeurs.

Le nouveau né n’a aucun apriori positif ou négatif. C’est avec l’éducation qu’il ­apprend que les odeurs de nourriture, de fleurs, de propre… ça sent bon, et, qu’à l’inverse la viande avariée, les excréments… ça sent mauvais. Ensuite, il établira ses jugements ­olfactifs par analyse et déduction avec ces quelques odeurs de référence qui varient selon les traditions alimentaires et les pays. Ainsi l’odeur de fromage est insupportable pour les Thaïlandais, alors qu’ils apprécient l’odeur des plats de poisson fermenté dont les senteurs font fuir les Occidentaux.

 

                 2-Les facteurs qui jouent sur les odeurs

                        A la différence des autres sens, la perception olfactive n’est pas stable. Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de ces différences de sensations olfactives.

                                

                                   a) Facteurs culturelles

                            Ce facteur n’a d’impact que pour l’olfaction ; il n’a pas d’incidence pour les autres sens. Des odeurs désagréables dans un pays pourront être perçues comme étant agréables dans un autre pays. Le contexte où l’on se situe à un impact très important sur l’odorat ; la perception d’une même odeur peut être différente selon l’environnement L’habitude d’une odeur déplaisante pour certain n’ai pas obligatoirement ressentit de façon négative chez d’autre. Par exemple, les personnes habitant près d’une ferme ignorent, ou oublient l’odeur du foin ou du fumier, alors que les citadins seront très interloqués par cette senteur. Les parents vont également influencer les goûts olfactifs de l’enfant.

 

                                             b) Facteurs développementaux

                           L’olfaction est une modalité sensorielle qui est fonctionnelle dans l’utérus. Il y a une imprégnation olfactive du fœtus selon le régime alimentaire de sa mère. Le nouveau né présente une attirance olfactive pour les odeurs qui auront été beaucoup « consommées » par la mère. A la naissance, le nouveau né n’est pas neutre par rapport aux stimuli olfactifs.

                              

                                  c) Les facteurs physiologiques 

                             Il y a une modification de la perception des odeurs selon l’état physiologique dans lequel on se trouve. Les paramètres métaboliques comme la concentration de glycémie modifient le seuil olfactif. Quand on se trouve en état d’hypoglycémie, le seuil olfactif se trouve abaissé ; on sera plus sensibles aux odeurs, notamment vis-à-vis des odeurs sucrées.

Autre exemple, selon l’état hormonal, la perception olfactive sera différente. Au cours du cycle menstruel, la sensibilité olfactive varie. De même, une femme enceinte perçoit de façon plus intense certaines catégories d’odeurs qui vont devenir fortement désagréables.

                                            

                                  d) Les facteurs émotionnels

                               Par ailleurs l’odorat est aussi influencé par la façon de percevoir son environnement et les odeurs qui nous entourent. En effet l’odorat est un sens de «mise en mémoire », associant telles ou telles odeurs perçues au sentiment (peur, joie, dégoût) ressentie lors de la perception de cette odeur. Chaque homme, tout au long de sa vie est confronté à des épreuves et situations différentes, les odeurs sont donc associées à des choses très différentes d’une personne à l’autre.

 

                                     e) Les facteurs motivationnels

                                La motivation est l’ensemble des facteurs déterminant l’action et le comportement d’un individu pour atteindre un objectif ou réaliser une activité. Certaine motivation vont toucher l’odorat. Par exemple, au niveau du comportement alimentaire, avant les repas, l’état de vigilance est orienté vers l’état alimentaire. Il y a une modification de la perception olfactive ; on va s’orienter préférentiellement vers les signaux olfactifs alimentaires.

       

                                      f) Les facteurs psychologiques

                                Les facteurs psychologiques sont entre autres éducationnels ; on va apprendre que telle odeur est agréable. On ne juge pas de façon neutre les signaux olfactifs qui nous proviennent. Certaines odeurs vont être associées à des expériences passées ; on parle du pouvoir évocateur des odeurs. Par exemple, une odeur peut être perçue comme étant désagréable parce qu’elle rappelle une expérience de vie désagréable. On réagit souvent de façon affective aux odeurs : chaque odeur est porteuse d’un poids affectif lié au contexte associé à la mémorisation de l’odeur.

                         Enfin, on retrouve des variations dans la perception des odeurs selon :

-Le sexe

-L’âge : il y a des modifications de la perception des odeurs au moment de l’adolescence dues aux variations de l’état hormonal. De plus, plus on vieillit, plus il devient difficile de percevoir les odeurs.

-L’époque : la culture va influencer la catégorisation ainsi que les préférences d’odeurs

Pour tous les stimuli, l’individu va créer des catégories et des représentations des odeurs : on va créer une image mentale de l’odeur qui permet d’organiser nos connaissances par rapport aux signaux olfactifs. Ces images mentales ne sont pas figées, elles vont évoluer au cours de la vie ; par exemple, on peut trouver une odeur agréable un temps, puis, si cette dernière est associée à une expérience négative, elle deviendra désagréable.

L’olfaction est différente des autres sens car :

-La transmission du message nerveux jusqu’au cerveau est rapide.

-Ce sens est fonctionnel dans l’utérus également.

La mémoire olfactive est durable : on peut dire en rencontrant une odeur si on la connait ou non. Par contre, on ne sera pas toujours identifier la source de l’odeur. 

 

                     3-Sentir pour se souvenir

                                  

                                           a)l’odorat réveille les souvenirs

                                 L’odorat réveille des souvenirs affectifs, que ce soit par l’évocation d’une odeur où le fait de sentir un parfum. Dans les images mentales évoquées au moment où l'on pense à une odeur il y est souvent question de la compagnie de quelqu'un d'important affectivement.

 La nature est aussi un élément qui revient souvent avec quelquefois des impressions de liberté et de mystère. Une circonstance, un évènement dans les temps, une rentrée des classes, des vacances, reviennent comme si les odeurs imprégnaient les rituels.

                                  En règle générale l’image mentale est très précise, un lieu par exemple peut être bien décrit. Les impressions sont fortes. Il peut y avoir soit de l'enchantement soit de la répulsion. Cela permet de revivre un moment, une ambiance très aromatisée, la vue intérieure est très riche. Ce n'est pas forcément facile à exprimer.

C’est donc un éveil à soi même, car il provoque la concentration.

             Au cours de l’image mentale créée par la révocation d’un parfum il y a aussi le réveil d’autres sensations: on entend, on voit, il y avoir même une certaine chaleur...

L’odorat donne envie d'agir ; provoque la prise de décision, par exemple le fait d'aller acheter un croissant en passant devant une boulangerie ouverte.

                                       

                                       b) l’olfactothérapie

                          L’olfactothérapie est une thérapie psycho-énergétique créée par Gilles Fournil en 1992.

En effet, pour stimuler la mémoire de patients, des chercheurs et des médecins se penchent sur la relation entre les odeurs et les souvenirs. Le but est de stimuler notre mémoire grâce aux odeurs.

L’histoire commence avec une madeleine trempée dans le thé. C’est justement sur ce lien profond entre mémoire et odeurs, mis en mots par Marcel Proust, que l’olfactothérapie repose.

L’olfactothérapeute propose au patient un panel de 76 huiles essentielles permettant de faire des associations libres entre une odeur et son imaginaire. L’odeur est un révélateur, au sens où elle est intimement liée à un souvenir, à une émotion. Une addiction au chocolat peut, par exemple, être révélatrice d’un besoin d’affection.

Par ailleurs le jeu des odeurs est très utilisé dans cette thérapie pour raviver leurs souvenirs : les odeurs sont toutes plutôt simples et souvent synthétiques (l’odeur de la mer, des fleurs, de certains  aliments…), mais vont généralement permettre à ces personnes de retrouver des souvenirs enfouis liés à l’enfance ou un moment agréable, désagréable… Enfin il permet parfois de reconstituer des histoires essentielles et agit directement sur la mémoire.

 A l’aide de cette thérapie l’utilisation  des odeurs permet aux  patients, ayant subi des traumatismes neurologiques, de retrouver peu à peu le fil de leur mémoire !

Plusieurs association existe pour aidée dans le milieu hospitalier, le CEW est une association qui réunit environ 300 femmes dont le but est d'apporter un peu de beauté au sein des milieux hospitaliers, en créant des Ateliers olfactifs et des Centres de beauté .

En partenariat avec IFF, le leader mondial de la création d’arômes alimentaires et de parfums, ces ateliers olfactifs animés par deux professionnels de l’olfaction et 7 bénévoles, permettent à certains patients ayant subis des traumatismes, ou en rééducation neurologique, de faire ressurgir une émotion, un souvenir ou de surpasser un écœurement, une peur en stimulant leur odorat.

A chaque séance son odeur : odeurs d’environnement (fleurs), odeurs familières d'enfance (bonbons, grenier), odeurs du quotidien (café) et odeurs d’alerte (gaz). Cette technique est utilisée dans différents services : en cancérologie, en gériatrie pour les personnes très âgées, mais aussi auprès des adolescents, et des enfants autistes. L’Olfactothérapie n’est pas encore reconnue mais elle est bénéfique.

Une expérience innovante et applaudie par de nombreux professionnels de la médecine. L’association CEW convie les patients à une aventure olfactive inoubliable.

     

 

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