II) Comment détecte-on les odeurs ?

  L’odorat est un des cinq sens humain ; c’est un dispositif sensoriel de perception des substances odorantes. Le système olfactif peut être sollicité par deux voies olfactives. Par voie externe, en inspirant par les narines (c’est la perception ortho-nasale), on appelle ça l’olfaction directe ; mais aussi par voie rétro-nasale (par le pharynx). La perception des odeurs par voie rétro-nasale correspond aux odeurs présentes dans la bouche remontant lors de l’expiration dans la fosse nasale.

 

 

 

 

I – L’Olfaction.


1- Les fosses nasales.

     Le nez comporte une charpente osseuse et cartilagineuse qui délimite les deux fosses nasales qui sont deux cavités parallèles.  Elles s’ouvrent vers l’extérieur par le nez, ou narines, et vers le pharynx, par l'intermédiaire des choanes (orifices nasaux internes). Ces cavités sont limitées par l’ethmoïde en haut, et par la voûte du palais en bas, ce qui les sépare de la cavité buccale. Du cartilage complète l’ensemble des os.

  A l’intérieur des fosses nasales, il y a une structure osseuse formée de trois lamelles superposées qu’on nomme les cornets ; ainsi qu’une muqueuse (couche de cellules recouvrant l'ensemble des organes creux de l'organisme) appelée muqueuse pituitaire qui se distingue en deux parties : la muqueuse respiratoire et la muqueuse  olfactive.

 

 

 

 

 

2 – Les cornets.

        Les cornets forment donc trois lamelles allongées d'avant en arrière qui sont appelées le cornet inférieur, le cornet moyen et le cornet supérieur. Ils sont recourbés, et chaque cornée délimite un méat (ou un orifice d’un conduit). Leur forme et leur positionnement à l’intérieur des voies respiratoires jouent un rôle important dans la respiration, puisque les cornets délimitant les voies respiratoires nasales en 3 méats : le méat inférieur, le moyen et le supérieur, ils forcent ainsi l'air à se diffuser dans de la plus grande surface possible. Ceci rend le flux d'air turbulent, ainsi, l’air rencontre une surface suffisante de tissu muqueux afin d’être réchauffé, filtré et humidifié, et cela permet aussi de sentir l’air inspiré avant son entrée dans les poumons en dirigeant l’air vers les nerfs olfactifs. Les poumons n’étant pas submergés d'air sale, froid et sec, ils ont une meilleure résistance.

 


3 – Les muqueuses. 

       Les fosses nasales sont donc tapissées par une muqueuse, appelée muqueuse pituitaire. Elle se compose en fait de deux parties, la muqueuse respiratoire et la muqueuse olfactive. 

- La muqueuse respiratoire qui recouvre les fosses nasales produit du mucus qui est repoussé vers le haut en permanence grâce à des micro-cils. Elle a pour fonction de tempérer, humidifier et filtrer l’air. Les cornets renforcent son action.

- La muqueuse olfactive qui contient des détecteurs odorants et joue donc un rôle dans l’olfaction.


II – La détection des odeurs.


1 – La muqueuse olfactive.

        Les molécules odorantes en suspension dans l’air atteignent une muqueuse olfactive au sommet de la fosse nasale lors de la respiration, appelée Epithélium Olfactif ; elle tapisse une zone s'étendant sur le cornet supérieur et le tiers supérieur de la cloison nasale.

 

 

 


     Cette muqueuse, ou Epithélium Olfactif, est constituée essentiellement de neurones récepteurs olfactifs, qui permettent la transmission de l'information olfactive. Cette transmission se fait grâce au système bipolaire des neurones. Ces neurones possèdent deux extrémités ; une orientée vers la cavité nasale qui se divise en de multiples petits prolongements, appelés cils olfactifs. C’est à leur surface que se situent les récepteurs olfactifs ; et l’autre orientée vers la partie profonde de l'épithélium, où se trouve un prolongement de ce neurone qui passe à travers la lame criblée de l'ethmoïde, appelé axone, qui permet la circulation du message nerveux jusqu’au bulbe olfactif. Mais elle est aussi constituée de cellules basales qui permettent un renouvellement continu de ces cellules (appelé neurogenèse).


2 – La détection des molécules odorantes.

     Les molécules odorantes doivent pour être détectées, arriver jusqu’aux cils des neurones récepteurs olfactifs, cependant dans la muqueuse et dans la sous-muqueuse, sont présentes des Cellules Glandulaires qui secrètent un mucus tapissant l'épithélium olfactif. Ce mucus, assurant un lavage permanent de la muqueuse, les molécules odorantes doivent donc pénétrer ce mucus pour atteindre l’épithélium.


      Les récepteurs olfactifs étant présents sur des cils olfactifs qui baignent dans un liquide hydrophile, le mucus. Les molécules odorantes doivent donc pour pénétrer le mucus arriver soit directement par diffusion du mucus, soit être prises en charge par des protéines de transports si celles-ci sont hydrophobes (majoritaires), appelées Odorant-Binding protein (OBP). Ces protéines solubles se lient à des molécules hydrophobes afin de les amener à proximité des récepteurs olfactifs. C’est le manque de solubilité de certaines molécules qui expliquerait le fait qu’elles soient odores ou inodores.

     Cependant un autre facteur est en cause dans le fait qu’une molécule soit odorante ou non, c’est la concentration de la molécule. A faible concentration, l’information ne sera pas assez conséquente pour être détectée, au seuil supérieur, on obtient la détection d’une odeur indéfinissable et seulement au seuil encore supérieur, la détection de l’information est nette, et peut alors être comparée à une information déjà mémorisée : c’est le seuil d’identification.


      La reconnaissance des odeurs s’explique ensuite par des gènes qui codent des protéines réceptrices odorantes. Celles-ci sont localisées dans la membrane des cils des neurones olfactifs.


3 – Des neurones au bulbe olfactif.

     Au niveau du Bulbe Olfactif, les axones se regroupent par type de récepteurs olfactifs pour former des glomérules. Ces glomérules sont en fait reliés à des cellules mitrales qui reçoivent l'information (par les axones) des neurones récepteurs olfactifs, et qui après intégration, l'envoient grâce à leurs axones aux centres nerveux de l'olfaction situés dans le rhinencéphale.

 

 

 


III – Les Neurones Olfactifs.

      Dans le bulbe olfactif, chaque odeur est représentée par l’activité d’un ensemble spécifique de neurones. Les neurones olfactifs ne sont pas disposés par hasard. Dans l’épithélium olfactif ils sont regroupés selon leur type de sensibilité. A toute odeur correspond donc une information particulière qui s’inscrit dans les couches neuronales. C’est de cette manière que le cerveau opère pour distinguer les odeurs les unes des autres, et ainsi il les conserve en mémoire et les reconnaît même après un très long délai.  

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×